L’appui du gouvernement est nécessaire pour l’aire protégée du Haut-Arctique | WWF-Canada

L’appui du gouvernement est nécessaire pour l’aire protégée du Haut-Arctique

Posted on 24 November 2017   |  
Two walrus (Odobenus rosmarus) resting on ice. Foxe Basin, Nunavut, Canada.
Deux morses (Odobenus rosmarus) se reposant sur la banquise, Bassin Foxe, Nunavut, Canada.
© naturepl.com / Eric Baccega / WWF
Le WWF-Canada appuie l’appel à propositions pour que la gestion de la polynie des eaux du Nord, située dans le Dernier refuge de glace, revienne aux Inuits.
 
IQALUIT, 23 novembre 2017 – Le gouvernement du Canada devrait appuyer la recommandation faite aujourd’hui par la Commission Pikialasorsuaq au sujet de la collaboration entre le Canada et le Danemark pour la création d’une aire protégée à l’identité inuite et gérée par les Inuits (en anglais seulement), dans une zone d’importance écologique et culturelle du Haut-Arctique.
   
Pikialasorsuaq est le nom en groenlandais de l’ouest pour la polynie des eaux du Nord – une région d’eaux libres depuis toujours, foisonnante d’une vie marine qui dépend de la remontée des substances nutritives par les vents et les courants océaniques de cette région.
Pikialasorsuaq est la plus grande polynie en l’Arctique, ainsi que l’écosystème le plus productif biologiquement au nord du cercle arctique. Il constitue l’habitat essentiel de nombreuses espèces migratrices et soutient les Inuits depuis des millénaires.
 
Les espèces qui dépendent de la polynie des eaux du Nord sont, entre autres, les :
  • Baleines, telles que les narvals et les bélugas
  • Poissons, tel que l’omble arctique
  • Oiseaux marins, comme les mergules nains (petits pingouins [Alle alle]), eiders, et mouettes tridactyles
  • Phoques (incluant les phoques à capuchon et phoques barbus) 
  • Et autres mammifères dont dépend l’ours polaire pour se nourrir.  
 
La Commission est menée par les Inuits du Groenland et du Canada et, dans son premier rapport d’envergure « People of the Ice Bridge: The Future of Pikilalasorsuaq » (en anglais seulement), elle formule les recommandations suivantes pour la conservation et la gestion de la région : 
 
  • Établir un régime de gestion mené par des représentants Inuits des communautés de la région Pikialasorsuaq.
  • En collaboration avec les communautés adjacentes à celle de Pikialasorsuaq, identifier une aire protégée englobant la polynie ainsi qu’une zone de gestion plus grande qui reflète la connexion des communautés, de leurs ressources naturelles et de la polynie, qui serait contrôlée et gérée par les Inuits avec l’accord global de toutes les parties et reconnue officiellement par les gouvernements. 
  • Établir une zone de libre circulation pour les Inuits à travers la région de Pikialasorsuaq.

David Miller, président et chef de la direction du WWF-Canada :
« Le WWF-Canada encourage les gouvernements du Canada et du Danemark/Groenland à mettre pleinement en œuvre les recommandations comprises dans ce rapport, qui représente une étape décisive vers la protection de cet habitat essentiel et la réconciliation avec les Inuits du Canada. Les recommandations pour l’aire protégée Inuit – incluant des dispositions permettant la libre circulation des Inuits dans la région – concrétiseraient la vision soulignée par Mary Simon, la représentante spéciale de la ministre des Affaires autochtones et du Nord Canada dans son rapport Un nouveau modèle de leadership partagé dans l’Arctique ».
 
À propos du rapport de Mary Simon :
Ce rapport souligne l’importance d’avoir des objectifs ambitieux en conservation définis dans le contexte du développement durable. Il stipule aussi que les leaders arctiques devraient être impliqués dans les décisions importantes. Son auteure envisage un changement qui reflète la stratégie « avec le Nord » et non pas « pour le Nord ». Le travail de la Commission Pikialasorsuaq est un exemple concret en matière de leadership partagé.
 
Paul Crowley, VP Arctique pour le WWF-Canada :
« En tant que résidents du Haut-Arctique dépendant de l’abondance des ressources de la région de Pikialasorsuaq pour leur nourriture, vêtements, mode de vie et identité culturelle, les Inuits sont les mieux placés pour gérer la protection de cette région. Et parce que la banquise fond et que le trafic maritime augmente, le niveau d’urgence augmente aussi. Il est d’autant plus important d’équiper les Inuits avec les outils législatifs nécessaires afin d’assurer la santé à long terme de cet écosystème pour les espèces et les communautés. »
  
Pourquoi Pikialasorsuaq est si importante :  
  • Pikialasorsuaq, qui signifie « grande remontée », est le nom groenlandais de l’ouest pour la polynie des eaux du Nord, partagée par le Canada et le Groenland.
  • Les polynies sont des zones d’eaux libres qui sont dépourvues de glace durant l’hiver en raison des vents et des courants océaniques. Elles sont incroyablement riches et diversifiées en vie marine, en partie grâce à la remontée des eaux gorgées de substances nutritives.
  • Pikialasorsuaq est sérieusement menacée par les changements rapides ayant cours dans la région, dont les changements climatiques et environnementaux, l’augmentation du trafic maritime, du tourisme, de l’exploration pétrolière et gazière et du développement. Récemment, le pont de glace au nord de la polynie, qui influence sa formation, est devenu instable.  
  • Pikialasorsuaq est située près du cœur du Dernier refuge de glace, la région arctique qui représente le dernier espoir pour les animaux qui vivent sur ou à proximité de la banquise.
  • Pour en savoir plus, parcourez le Pikialasorsuaq Atlas (en anglais seulement), qui cartographie les données sur la population, l’importance culturelle des lieux, les parcours, les mammifères marins, les poissons, les oiseaux, les changements dans la banquise et les routes actuelles pour les activités non traditionnelles telles que le passage de cargo, pétroliers, brise-glace, ou encore la pêche, la recherche et le transit de passagers.  
 
À propos du WWF-Canada
Le WWF propose des solutions aux grands défis de conservation qui nous tiennent tous à cœur. Nous menons des projets dans des lieux uniques et de grande valeur environnementale afin que la nature, les espèces et les communautés puissent cohabiter en toute harmonie. wwf.ca/fr
 
Pour plus de renseignements :
Laurence Cayer-Desrosiers, Spécialiste communications et événements | WWF-Canada
lcdesrosiers@wwfcanada.org | 514-394-1106
 
Two walrus (Odobenus rosmarus) resting on ice. Foxe Basin, Nunavut, Canada.
Deux morses (Odobenus rosmarus) se reposant sur la banquise, Bassin Foxe, Nunavut, Canada.
© naturepl.com / Eric Baccega / WWF Enlarge

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