Le béluga (Delphinapterus leucas) | WWF-Canada

Le béluga (Delphinapterus leucas)

 
 
	© Kevin Schafer / WWF

La baleine blanche

Le béluga est l’une des baleines les plus faciles à identifier, et sa peau blanche et son expression souriante en font l’un des cétacés les plus aimés. Ce mammifère extrêmement social vit, chasse et migre en troupeaux comptant de quelques individus à plusieurs centaines de baleines.

Le béluga se distingue d’autres cétacés par un long cou, qui lui donne beaucoup de souplesse et lui permet de réaliser plusieurs mouvements lorsqu’il nage. Son front, qui a la forme d’un bulbe et lui donne l’air de porter un chapeau melon, est souple et peut changer de forme, ce qui permet au béluga d’arborer différentes expressions faciales et de produire une série de sons – couic, claquements, sifflements et tintements – qui lui ont valu le surnom de canari des mers. Ce vaste éventail de sons lui sert à communiquer avec ses semblables, à naviguer et à trouver sa nourriture grâce à l’écholocalisation.
 
 / ©: Kevin Schafer / WWF-Canon
Delphinapterus leucas Beluga whale Arctic Ocean Project number: 9E0007. 
© Kevin Schafer / WWF-Canon
Le béluga vit principalement dans les régions où l’on trouve les glaces de mer arctiques, et l’on estime que les eaux canadiennes abritent environ les deux tiers de la population mondiale de bélugas, soit quelque 200 000 individus. Quelques petits groupes d’individus vivent plus au sud, notamment dans le fleuve Saint-Laurent, reliquats de la dernière période glaciaire.

Bien que l’espèce compte parmi les plus résilientes de la famille des cétacés vivant en Arctique, le béluga a subi les assauts du réchauffement climatique, de la pollution chimique et sonore, et d’une surexploitation. À l’instar des autres baleines vivant au milieu des glaces – narval et baleine boréale – le béluga a besoin de la banquise pour se protéger contre ses prédateurs, et notamment contre l’épaulard qui se trouve en nombre croissant dans un territoire que la fonte des glaces lui rend maintenant accessible.
 
 / ©: Janet FOSTER / WWF-Canada
Three Beluga whales (Delphinapterus leucas) swimming in Arctic waters, Canada. 
© Janet FOSTER / WWF-Canada

De l’importance du béluga

Le béluga se situe dans les échelons supérieurs de la chaîne alimentaire et il est donc un bon indicateur de la santé générale de l’environnement marin. Il y a plusieurs années, les niveaux de contaminants relevés dans le corps de bélugas du fleuve Saint-Laurent (qui reçoit les eaux des Grands Lacs, écosystème touché par l’industrialisation et une forte population) étaient si élevés que les carcasses ont été classées comme « déchets toxiques dangereux ».

Le béluga fait partie intrinsèque de la culture de plusieurs communautés Inuit en Arctique, pour lesquelles il est une source de nourriture et de « matériaux » comblant des besoins traditionnels. Tout comme l’ours polaire et les autres espèces arctiques, le béluga a besoin de la banquise et sa survie pourrait être menacée par le réchauffement climatique.
 
 / ©: Andrey Nekrasov / WWF-Canon
Beluga whale (Delphinaptherus leucas),with its mouth wide open, White Sea, Russia, Kareliya.
© Andrey Nekrasov / WWF-Canon
Des regroupements d’organismes inuits, d’experts, de représentants gouvernementaux et d’organismes environnementaux, comme le WWF-Canada, travaillent de concert pour veiller à ce que la chasse au béluga soit menée de manière responsable et durable, et que toute nouvelle activité industrielle entreprise soit planifiée correctement afin de préserver la vitalité des populations de bélugas dans le contexte d’un écosystème marin en plein bouleversement.

Pour en savoir plus sur la surveillance qu’assurent les communautés et la récolte responsable de bélugas dans l’Arctique canadien.
 

La vie sous les glaces

La vie du béluga est étroitement associée aux glaces. L’espèce n’a pas de nageoire dorsale, ce qui lui permet de circuler sans difficulté dans les eaux chargées de glaces flottantes, et il monte respirer dans les interstices dans la glace. La banquise est essentielle au réseau alimentaire du béluga, et assure à ce cétacé qui nage relativement lentement une protection contre son prédateur l’épaulard.

La plupart des bélugas migrent, se dirigeant vers le sud à l’automne au moment de l’embâcle, pour revenir au printemps avec la débâcle, dans les zones où ils pourront se nourrir, élever leurs petits, et opérer leur mue en toute tranquillité. Certaines populations – telles celles qui vivent dans le fleuve Saint-Laurent – migrent cependant sur de courtes distances.
 
 / ©: naturepl.com / Sue Flood / WWF-Canon
Beluga whales trapped at ice hole (Delphinapterus leucas) too far away to reach open sea, Canadian High Arctic. June 1999
© naturepl.com / Sue Flood / WWF-Canon

Que mange-t-il?

Le béluga se nourrit d’une grande variété de poissons et de crustacés – saumon, éperlan, hareng, morue polaire, crevette, crabe, mollusques et vers marins. Il se nourrit aussi bien en zones profondes et peu profondes, en eaux libres et dans des habitats de fonds. On a observé des bélugas plongeant à plus de 350 mètres à la recherche de nourriture.
 

Quels sont les besoins du béluga?

Le béluga est bien adapté aux divers habitats qu’il occupe et, contrairement à d’autres baleines de l’Arctique, il arrive à combler ses besoins là où il se trouve. Il migre chaque année vers des zones précises pour se nourrir, élever ses petits et muer. Son avenir dépend donc de la disponibilité et de la viabilité de ces régions qui lui sont si importantes, c’est-à-dire que ces régions doivent être préservées des effets néfastes de l’activité humaine.
 
 / ©: Andrey Nekrasov / WWF-Canon
Beluga whale (Delphinaptherus leucas), White Sea, Russia, Kareliya.
© Andrey Nekrasov / WWF-Canon

Béluga 101

Nom scientifique:
Delphinapterus leucas

Poids à l’âge adulte :
Jusqu’à 1900 kg

Taille à l’âge adulte :
Jusqu’à 4,5 m
(Les femelles peuvent atteindre jusqu’à 80 % de la taille des mâles)

Statut:
Quasi menacé (IUCN Redlist)

Nom en inuktitut:
Qilalugaq et d'autres variations

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Aire de répartition

 
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Menaces

Changements climatiques

Des milliers d’années d’évolution ont préparé les espèces arctiques, telles que l’ours polaire, le morse ou le béluga, à vivre sur et autour de la banquise. En raison des changements climatiques, ce couvert de glace change rapidement, autant de par sa superficie que par son épaisseur. En fait, la banquise rétrécit trop vite pour permettre à ces espèces de s’adapter. La vie d’un béluga est intimement liée à la banquise. Il s’agit de l’endroit où il se nourrit et trouve refuge. Les bélugas, des nageurs plutôt lents, utilisent la banquise pour se protéger de prédateurs plus rapides tels que les épaulards.
 

Dégradation et destruction des habitats

La fonte des glaces ouvre les eaux de l’Arctique aux activités humaines telles que la navigation, la pêche commerciale ainsi que l’exploitation minière, pétrolière ou gazière.
 

Pollution par le bruit

Les tests sismiques et le transport maritime lourd créent une pollution sonore qui a certainement un impact considérable sur la capacité des bélugas à communiquer, à détecter la présence de prédateurs, à trouver leur nourriture et à s’occuper de leurs petits. D’autres menaces, affectant particulièrement la population de bélugas du Saint-Laurent, sont la pollution chimique et la réduction de la quantité, de la qualité et de la disponibilité de leurs proies.


Pour en savoir plus sur les menaces pesant sur l’Arctique
 

Développement et mammifères marins



Allez voir comment les routes de transport maritime et les zones de développement chevauchent l’aire traditionnelle de répartition de divers mammifères marins.

Explorer la carte

Ce que fait le
WWF-Canada

Le WWF travaille à identifier les habitats critiques des bélugas dans l’Arctique ainsi que dans le golfe et l’estuaire du Saint-Laurent. Nous soutenons aussi l’implantation de mesures de protection adéquates pour ces lieux. De plus, nous avons réalisé un projet de cartographie des risques liés à des déversements potentiels de pétrole dans la mer de Beaufort, en Arctique. Nous avons évalué les trajectoires possibles de tels déversements, ainsi que leurs effets sur la faune, notamment les bélugas.

Le WWF a également soutenu la recherche sur les bélugas via marquage par satellite, ainsi que des projets communautaires de surveillance et de suivi de la santé des bélugas. Nous menons également des recherches visant à mieux comprendre les effets de la pollution sonore. Enfin, nous avons appuyé le travail concernant les bélugas du Saint-Laurent grâce à notre Fonds de rétablissement des espèces en péril et travaillons avec différents partenaires à la co-présidence de l’équipe de rétablissement de la population du Saint- Laurent.

WWF-Canada travaille en outre à chercher des manières de contrer les effets du réchauffement climatique, en œuvrant en vue d’un virage complet vers des économies reposant sur les énergies renouvelables d’ici 2050, et afin d’assurer au béluga les ressources dont il a besoin pour s’adapter à une planète en mouvement.

Pour en savoir plus sur l’action du WWF-Canada en Arctique

Le saviez-vous?



Le béluga a un cou flexible qui lui permet de tourner sa tête dans toutes les directions, ce qui n’est pas le cas des autres cétacés.

Les troupeaux de bélugas comptent habituellement quelques dizaines d’individus, et sont normalement constitués soit de mâles, soit de femelles accompagnées des jeunes qui ne sont pas encore autonomes.

Le béluga retourne chaque année à un estuaire précis ou une zone de peu de profondeur choisie, pour y opérer sa mue – les fonds sablonneux ou constitués d’un mélange de sable et de petit gravier sont sans pareil pour s’y frotter et se débarrasser des peaux mortes.