Le narval (Monodon monoceros) | WWF-Canada

Le narval (Monodon monoceros)

 
 
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La licorne de mer

On connaît le narval pour la longue défense d’ivoire en spirale, qui peut atteindre 3 mètres de longueur, qu’arbore le mâle (et parfois la femelle). Dans le passé, on a attribué à cette dent, car c’en est une, des pouvoirs magiques.

On sait maintenant grâce à la recherche que la défense du narval possède, de fait, des propriétés sensorielles – ses millions de terminaisons nerveuses pourraient aider à localiser la nourriture. On pense également que la défense sert au mâle à établir sa position dominante.

Narval 101

Nom scientifique: Monodon monoceros
Nom en Inuktitut: tuugaalik
Poids de l’adulte: le mâle pèse jusqu’à 1 900 kg, la femelle, jusqu’à 1 550 kg
Taille de l’adulte: le mâle peut mesurer jusqu’à 5,4 mètres, la femelle, jusqu’à 4,9 mètres; la corne peut faire 3 mètres
Population: probablement > 80 000 dans le monde
Statuts:
UICN – quasi menacé
COSEPAC – préoccupant
Temps de génération: Vraisemblablement de 15 à 20 ans; la femelle atteint la maturité sexuelle vers 5-8 ans, le mâle vers 12-16 ans
© naturepl.com / Doug Allan / WWF © Janet FOSTER / WWF-Canada © Janet FOSTER / WWF-Canada © Paul Nicklen/National Geographic Stock / WWF-Canada © Paul Nicklen/National Geographic Stock / WWF-Canada

Aire de répartition

 
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C’est en territoire canadien que viennent passer l’été plus de 80 000 narvals (soit environ les trois quarts de la population mondiale). Le Canada a donc une responsabilité prépondérante à l’égard du narval et doit veiller à maintenir la vitalité de l’espèce en conservant intact son habitat et en assurant une saine gestion des eaux qu’elle fréquente afin de maintenir l’équilibre viable entre les intérêts économiques, comme le pétrole et le gaz et l’intensification du transport maritime, et les besoins à long terme de la faune marine.

De l’importance du narval

Comme tous les cétacés, le narval se situe dans les échelons supérieurs de la chaîne alimentaire, et il est donc un bon indicateur de la vitalité générale de l’environnement marin. À l’instar de l’ours polaire, le narval a besoin de la banquise et subit les impacts directs du rapide réchauffement climatique. De fait, les études démontrent que le narval est l’une des espèces les plus vulnérables aux effets écologiques du réchauffement climatique – nombre accru de prédateurs (l’épaulard) et modification de son réseau alimentaire de base.

Le narval est étroitement lié à la culture des peuples autochtones de l’Arctique, pour qui il est une source de nourriture. Ainsi les Inuits du Canada et du Groenland mangent soit crue, soit bouillie, la peau du narval, une source importante de vitamine C, qu’ils appellent maktaq. Aujourd’hui, les défenses de narval demeurent une source appréciable de revenu pour les chasseurs et sculpteurs dans certaines communautés inuits.

Des regroupements d’organismes inuits, d’experts, de représentants gouvernementaux et d’organismes environnementaux, comme le WWF-Canada, travaillent de concert pour veiller à ce que la chasse au narval soit menée de manière responsable et durable, et que toute nouvelle activité industrielle entreprise soit planifiée correctement, afin de préserver la vitalité des populations de narval dans le contexte d’un écosystème marin en plein bouleversement.

 / ©: Paul Nicklen/National Geographic Stock / WWF-Canada
Male Narwhal (Monodon monoceros) gathering en masse to eat cod in the spring at the Arctic Bay floe edge in Lancaster Sound, Nunavut, Canada. 
© Paul Nicklen/National Geographic Stock / WWF-Canada

La vie sous la glace

La vie du narval est étroitement liée à la glace de mer, et l’espèce vit uniquement dans les eaux arctiques du Canada, du Groenland, de la Norvège et de la Russie. L’absence de nageoire dorsale lui permet de circuler facilement dans les eaux chargées de glaces flottantes, et il cherche les interstices dans la glace pour monter respirer.

Le narval est un migrateur, et tous les hivers la majorité de la population mondiale de narvals prend la direction de la région de la baie de Baffin et du détroit de Davis (entre le Canada et l’ouest du Groenland), où ils passeront près de sept mois sous un couvert de glace quasi complet. Les interstices dans la glace leur permettront de venir respirer après avoir plongé parfois jusqu’à 1,5 kilomètre de profondeur pour se nourrir.
 
 / ©: Paul Nicklen/National Geographic Stock / WWF-Canada
Two narwhal (Monodon monoceros) surfacing to breathe in Admiralty Inlet, Lancaster Sound, Nunavut, Canada. 
© Paul Nicklen/National Geographic Stock / WWF-Canada

Que mange-t-il?

Le régime du narval se compose habituellement de flétan noir, de morue polaire, de calmar et de crevettes. Dans l’écosystème de la baie de Baffin, où le narval poursuit sa recherche de nourriture la plus intense de l’année – pendant les mois d’hiver –, sa proie de prédilection est le flétan noir.
 
 / ©: naturepl.com / Doug Allan / WWF-Canon
Female narwhal (Monodon monoceros) Canadian Arctic, August. 
© naturepl.com / Doug Allan / WWF-Canon

La défense

La défense du narval est en réalité une dent. Le narval a deux dents, dont la droite demeure incluse tandis que la gauche forme cette longue spirale caractéristique. Le mâle a habituellement une seule défense; il peut arriver qu’il en ait deux, ou pas du tout. Environ 2 % des femelles arborent également une défense.
 
 / ©: naturepl.com / Bryan and Cherry Alexander / WWF-Canon
Close up of Narwhal (Monodon monoceros) in water showing its ivory tooth, Northwest Greenland. 
© naturepl.com / Bryan and Cherry Alexander / WWF-Canon
On soupçonne que la défense joue un rôle dans l’établissement des hiérarchies entre mâles. En outre, des recherches en cours menées par des collaborateurs du WWF au Narwhal Tusk Research révèlent que la défense du narval, qui contient des millions de terminaisons nerveuses, a d’importantes propriétés sensorielles.

Le travail du Dr Martin Nweeia et de ses collègues experts et inuits du projet Narwhal Tusk Research a dévoilé des faits nouveaux et extrêmement importants sur le rôle de la défense du narval.



Sur la piste du narval

En août 2011 et 2012, des représentants du WWF-Canada ont travaillé avec une équipe sur le terrain dans le cadre d’un projet de marquage de narvals au large du nord de l’île de Baffin, au Canada, afin d’en suivre les déplacements par satellite.
 
 / ©: Janet FOSTER / WWF-Canada
Pod of Narwhal (Monodon monoceros) surfacing in Arctic waters, Northwest Territories, Canada. 
© Janet FOSTER / WWF-Canada
Grâce à ces transmetteurs, on peut suivre les pérégrinations des narvals tout au long de l’année et en apprendre davantage sur les déplacements annuels liés à l’alimentation et à la reproduction, ce qui permet de mieux comprendre cette espèce unique et, surtout, de retracer les principaux corridors de migration et d’hivernation. Ces données permettront d’étayer les décisions à prendre en vue de l’intensification de l’activité industrielle en Arctique – notamment l’exploration pétrolière et gazière, le transport maritime, et la pêche commerciale.



Partenaires

   
     
     
Ce projet réunit de nombreux partenaires – aussi bien les chasseurs d’expérience de l’association des chasseurs et trappeurs de Mittimatilik, que des vétérinaires, des chercheurs, du personnel de soutien logistique et, bien sûr, du personnel du WWF-Canada en qualité d’organisme de conservation de la faune. Il faut 15 personnes au moins sur le terrain pour capturer et manipuler correctement un narval, et nous sommes tous reconnaissants et dépendants les uns des autres pour financer et réaliser cet important travail sur le terrain. Nous apprécions également la grande hospitalité de la communauté de Pond Inlet, sa générosité à partager avec nous ses connaissances, et le temps qu’elle a bien voulu consacrer à nous aider à réaliser ce projet, notamment en guidant nos chercheurs dans ce magnifique environnement.

Menaces

Réchauffement climatique:
L’absence de nageoire dorsale chez le narval lui permet de circuler facilement à travers les étendues chargées de glaces, où il trouve protection contre l’épaulard. Le réchauffement climatique pourrait réduire son accès à sa source de nourriture préférée.

Bruit sous-marin issu de l’activité humaine:
Le recul des glaces ouvre les eaux de l’Arctique à une intensification de la circulation de navires, source importante de bruit sous-marin. D’un naturel timide, le narval souffre de tout ce bruit – on a observé des narvals cesser de vocaliser et s’éloigner des grands navires, parfois même entre 35 et 50 km de distance. La navigation est une importante source de bruit sous-marin. La pollution sonore, et particulièrement celle qui est issue de l’exploration sismique et d’un trafic maritime intense, a vraisemblablement un effet considérable sur la capacité des narvals de communiquer, de détecter leurs prédateurs, de trouver de la nourriture et s’occuper de leurs petits.

Pour en savoir plus sur les menaces pesant sur l’Arctique

Ce que fait le
WWF-Canada

Notre contribution à la recherche sur le comportement et les déplacements du narval nous apprend énormément de choses sur cette espèce emblématique de l’Arctique, ce qui nous permettra de mettre au point des plans de conservation mieux adaptés aux besoins de l’espèce et de ses principaux habitats.

Pour en savoir plus sur l’action du WWF-Canada en Arctique

Développement et mammifères marins



Allez voir comment les routes de transport maritime et les zones de développement chevauchent l’aire traditionnelle de répartition de divers mammifères marins.

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Drôle de nom pour une baleine

Le nom du narval nous vient d'un ancien nom norse nár, qui signifie « corps » ou « cadavre » et hvalr, qui signifie « baleine ». On pense que cela est dû à sa couleur pâle et mouchetée, et à son habitude estivale de « faire la planche », ou de se laisser flotter comme un corps mort sous la surface de l’eau.

Le saviez-vous?

Le narval change de couleur avec l’âge. Le baleineau est bleu-gris et sa peau devient noire après le sevrage. À l’âge adulte, le narval devient gris moucheté, et les individus très âgés deviennent presque blancs.

la piste du narval