L’ours polaire | WWF-Canada
 
	© Marie-Chantal MARCHAND / WWF-Canada

L’ours polaire

Emblème par excellence de l’Arctique

L’ours blanc, que l’on appelle plus souvent ours polaire, est le plus grand ursidé de la planète et sans conteste le plus grand prédateur de l’Arctique. Symbole puissant de la vigueur et de la résistance de l’Arctique, ce chasseur infatigable voit sa survie menacée par le réchauffement climatique. La banquise, son habitat essentiel et fondement de l’écosystème arctique à l’équilibre fragile, est en train, littéralement, de lui fondre entre les pattes.

Son nom scientifique Ursus maritimus signifie « ours marin », et on ne saurait mieux désigner que par ce nom ce fabuleux animal dont la vie tout entière est liée à l’océan, et plus particulièrement sur la banquise, ou glace de mer.

Ours polaire 101

Nom scientifique:
Ursus maritimus
Nom en Inuktitut:
Nanuk, ou Nanuq
Poids:
352 - 680 kg
Taille:
2 - 3 mètres
Population:
22 - 31 000 dans le monde
Statut:
COSEPAC – préoccupant
UICN - vulnérable
© Svein B. Oppegaard / WWF © Steve Morello / WWF © @Steve Morello / WWF © François Pierrel / WWF © www.JSGrove.com / WWF © www.JSGrove.com / WWF © Steve Morello / WWF © Gordon COURT / WWF-Canada © Steve Morello / WWF © Steve Morello / WWF

Sous-populations d’ours polaires

Où sont les ours?

Près de 60 % de la population mondiale d’ours polaires occupent le territoire canadien, ce qui explique le lien tout particulier que nous entretenons avec Nanuq, comme l’appellent les Inuits.
Au Canada, et partout en Arctique, le WWF-Canada apporte son soutien aux études menées sur l’ours polaire afin de dénombrer les 19 sous-populations réparties à travers le territoire, évaluer leur état de santé ainsi que l’état de leur habitat. Ces études comprennent parfois l’installation de colliers émetteurs à certains individus afin d’en suivre les déplacements, ce qui nous aide à mieux comprendre comment vivent et se déplacent les ours, et à mieux cerner les caractéristiques de l’habitat dont dépend leur survie.



De l’importance de l’ours polaire

Prédateur à la tête de la chaîne alimentaire, l’ours polaire est un excellent indicateur de l’état de l’écosystème marin arctique.
 
 / ©: naturepl.com / Steven Kazlowski / WWF-Canon
Polar bear (Ursus maritimus) sow and two cubs walking on ice and snow in the Arctic National Wildlife Refuge, Alaska. 
© naturepl.com / Steven Kazlowski / WWF-Canon

Menaces

Réchauffement climatique :
L’ours polaire est parfaitement adapté à la vie sur la banquise, qui fond malheureusement à un rythme alarmant. La disparition de la banquise rend plus difficile l’accès au phoque annelé, la principale source de nourriture de l’ours polaire, et menace sa survie.

Pour en savoir plus sur les menaces pesant sur l’Arctique

Ce que fait le
WWF-Canada

Notre contribution à la recherche sur les déplacements de l’ours polaire nous apprend énormément de choses sur cette espèce emblématique de l’Arctique, ce qui nous permettra de mettre au point des plans de conservation mieux adaptés aux besoins de l’espèce et de ses principaux habitats.

Pour en savoir plus sur l’action du WWF-Canada en Arctique

La vie avec Nanuq

Les groupes environnementaux utilisent souvent l’ours polaire pour symboliser le sort de l’Arctique sous les assauts du réchauffement climatique auprès d’auditoires à travers le monde. Mais pour les habitants du Nord, comme Frank Pokiak, l’ours polaire fait partie du quotidien. Vous voulez en savoir plus sur l’importance de l’ours blanc pour les communautés nordiques et l’importance du savoir traditionnel pour l’avenir de l’espèce? Allez lire ce qu’en dit Frank Pokiak, président du Conseil Inuvuialuit de gestion du gibier.

Pour en savoir plus

La vie sur la banquise

L’avenir de l’ours polaire est indissociable du sort de son habitat, la banquise. Moins de glace, moins d’ours. Or le réchauffement climatique entraîne la réduction de la superficie de la banquise d’été, et l’épaisseur des glaces en hiver, ce qui représente à terme une menace pour la survie de Nanuq.

La banquise est le fondement de la vie marine arctique; l’écosystème sur lequel repose toutes les dimensions de la vie de l’ours polaire. De fait, la banquise représente bien plus qu’une surface de déplacement et de chasse, car l’ours y fait la cour à sa belle, qui y élèvera ensuite ses petits. La glace de mer est également l’habitat essentiel de la première source de nourriture de l’ours, le phoque annelé qui se repose et élève, lui aussi, ses petits sur la banquise.
 
 / ©: Steve Morello / WWF-Canon
Polar bear (Ursus maritimus), standing on the edge of the ice and looking up, Spitsbergen, Svalbard, Norway. 
© Steve Morello / WWF-Canon
La plupart des ours polaires passent toute leur vie sur la banquise, et l’espèce est parfaitement adaptée à la vie dans ce rude environnement. Ses jarres longs et raides couvrant d’épais poils de bourre et sa capacité de stocker la graisse le préservent du froid qui règne pendant les longs et sombres jours d’hiver. Ses larges pattes et ses pieds massifs distribuent son poids également et lui évitent de s’enfoncer dans la neige et la glace. Il peut ainsi attendre patiemment pendant des heures que surgisse un phoque dans un trou d’air, et il est si fort qu’il peut défoncer de la neige compactée de 60 cm d’épaisseur.

Aire de répartition de l’ours polaire

Le territoire de l’ours polaire est très étendu – Canada, États-Unis, Groenland, Norvège et Russie. Les experts du Groupe CSE/UICN de spécialistes des ours polaires regroupent les ours en 19 sous-populations à des fins de surveillance et de gestion.

Le saviez-vous?

Le mâle adulte moyen mesure entre 2 et 3 mètres, et pèse entre 350 et 680 kilos. Il doit manger en moyenne 45 phoques annelés par année.

Pizzly ou grolaire?

Le réchauffement climatique pousse l’ours polaire à passer plus de temps sur la terre ferme, et le grizzly à s’aventurer plus au nord. Résultat, certains individus de l’une et l’autre espèce se rencontrent, ce qui donne parfois des portées d’oursons moitié grizzly, moitié ours polaire! On a surnommé cette nouvelle espèce hybride le pizzly ou le grolaire. On sait encore peu de choses sur ces ours, mais les habitants du nord et les experts sont curieux de l’évolution de ce croisement.

La vie sans la banquise?

On observe, auprès des sous-populations les plus suivies, que les ours passent de plus en plus de temps sur la terre ferme. La banquise fond à un rythme d’environ 4,6 pour cent tous les dix ans, et les populations d’ours vivant dans le sud de leur territoire – sud du Nunavut, Manitoba et Ontario – ne viennent plus passer un ou deux mois sur la terre ferme en été comme ils le faisaient anciennement. Ils doivent maintenant passer de 5 à 6 mois sur la terre ferme en attendant l’embâcle… et le phoque se fait rare sur la terre ferme.
 
 / ©: Howard Buffett / WWF-US
Polar bear (Ursus maritimus) mother and cub sitting amongst the tall grass beside a river. Polar bears are threatened by climate change. Churchill, Canada 
© Howard Buffett / WWF-US
Pas de glace, pas de phoque. L’ours doit donc chercher ailleurs sa nourriture. Cela en mène plusieurs à s’approcher des communautés, où ils se nourrissent dans les dépotoirs et les réserves de nourriture, et n’hésiteront pas à s’attaquer aux chiens de traîneau. Un ours polaire affamé constitue un danger bien réel pour les habitants et leurs biens, et la moindre confrontation peut très mal se finir, par exemple par l’abattage de l’ours pour défendre une vie humaine. Les collectivités, le gouvernement et le WWF-Canada travaillent de concert pour réduire le nombre de ces « abattages défensifs ».

Pour en savoir plus sur l’action du WWF-Canada pour assurer la sécurité des gens et des ours.

L’adaptation à la nouvelle réalité de l’Arctique

l’Arctique est en mutation, le phénomène se déroule à un rythme accéléré, et ces bouleversements commencent à avoir des conséquences néfastes pour les populations d’ours blancs. Et ce n’est pas fini, car le réchauffement se poursuit. Nombreux sont ceux qui se demandent si l’ours polaire arrivera à s’adapter, une question sur laquelle se penchent les experts.

Selon les connaissances que nous avons, il semble que l’ours pourra s’adapter jusqu’à un certain point au réchauffement de son habitat, mais la disparition de la banquise pourrait bien se produire trop rapidement pour lui en donner le temps. Or il n’existe pas sur la terre ferme de source de nourriture capable de remplacer l’apport en graisse que l’ours trouve chez le phoque et dont il a besoin. Les populations plus au nord auront peut-être un avantage supplémentaire grâce au rythme moins rapide du recul de la banquise… pour le moment, du moins.

Pour en savoir plus sur le travail réalisé par le WWF-Canada et pour en apprendre davantage sur le Dernier refuge de glace, là où la banquise résistera plus longtemps au réchauffement, et sur ce que cela signifie pour l’ours polaire.
 
 / ©: Jacquie Labatt / WWF-Canada
A female polar bear (Ursus maritimus) and her cub sniff the air and the snow near a bed of kelp, waiting for the winter ice to form in November, near Churchill, Manitoba, Canada. 
© Jacquie Labatt / WWF-Canada
L’ampleur et le rythme des bouleversements qui touchent l’Arctique sont sans précédent, et les experts cherchent encore à comprendre quel avenir se dessine pour la région et tous ses habitants. Ce que l’on sait, par contre, c’est que la disparition de la banquise met en jeu la survie de l’ours polaire qui y vit depuis des milliers d’années.