La navigation en Arctique | WWF-Canada
 
	© Paul Nicklen/National Geographic Stock / WWF-Canada

La navigation en Arctique

Navigation et vitalité future de l’Arctique, un équilibre délicat à trouver

La banquise recule à un rythme tel qu’elle pourrait bientôt disparaître complètement du paysage estival. Entre autres bouleversements autrefois impensables, cette disparition des glaces ouvre la voie à de nouvelles formes de développement dans les régions polaires. Or ces ouvertures – du tourisme à l’exploitation minière – entraîneront une intensification du trafic maritime en Arctique, et le stress que cela occasionnera pourrait, s’il n’est pas géré correctement, mettre à risque les écosystèmes et les cultures nordiques.
La navigation est source d’impacts – bruit, collisions et risques potentiels d’un déversement de pétrole – qui sont ressentis le plus directement par les baleines qui vivent dans les eaux de l’Arctique, par exemple les narvals, bélugas et baleines boréales. 


© Paul Nicklen/National Geographic Stock / WWF-Canada

Savoir gérer le risque

Même en été, saison des « eaux libres », les conditions climatiques sont rudes, il est difficile de mener des recherches et des opérations de secours, et les infrastructures de soutien sont relativement rares dans les eaux de l’Arctique. Il est donc essentiel d’éviter que s’y produisent des accidents et des déversements. Les navires doivent pouvoir compter sur les données les plus pertinentes, se plier aux pratiques les plus exemplaires et utiliser la technologie la plus développée pour minimiser, voire éviter, les perturbations causées à la faune, l’introduction d’espèces invasives et l’émission de substances toxiques. Une supervision cohérente est indispensable à l’évaluation de ces impacts, et à la révision des pratiques en place au besoin.

Une chose est sûre, le trafic maritime augmentera en Arctique. La question est de savoir quelles mesures, précautions, règlementations et pratiques exemplaires seront mises en place en ce qui touche à la protection de l’environnement et à la sécurité, de manière à optimiser les bienfaits du développement au bénéfice des habitants du Nord dont la vie est étroitement liée à la pérennité des écosystèmes arctiques.

 / ©: Peter Ewins / WWF-Canada
Supply ships in the Inuit community of Clyde River (also known as Kangiqtugaapik), Baffin Island, Nunavut, Canada. © Peter Ewins / WWF-Canada

Pour une navigation sécuritaire et responsable en Arctique

L’intensification du trafic maritime en Arctique canadien ne se fera pas du jour au lendemain, mais bien progressivement au cours des années à venir. C’est essentiellement le secteur minier qui s’intéresse à l’Arctique. Bien sûr le trafic maritime est indissociable du développement économique actuel et futur de la région, et nous devons profiter de ce que nous avons la possibilité de gérer dès maintenant les risques inhérents à cette croissance, pendant que le volume du trafic maritime y est encore relativement faible par rapport à d’autres régions. La mise en place aujourd’hui de normes et de pratiques saines portera fruit à long terme en contribuant à un développement responsable de l’Arctique. 
 
 / ©: Peter Ewins / WWF-Canada
Canadian Coast Guard ship under a full moon near the Inuit community of Clyde River (also known as Kangiqtugaapik), Nunavut, Canada. © Peter Ewins / WWF-Canada

Ce que fait le WWF

Le WWF-Canada cherche à mieux cerner les impacts environnementaux et sociaux potentiels d’une intensification du trafic maritime en Arctique. Nous avons complété une modélisation de la trajectoire d’un éventuel déversement pétrolier qui cartographie les multiples déversements, dont ceux provenant du transport, et comment ces déversements interagissent avec les régions importantes pour les communautés, la nature et les écosystèmes. Explorez les risques de déversements dans la mer de Beaufort sur le site arcticspills.wwf.ca.  

Le WWF a également commandité une recherche sur les tendances en transport maritime en Arctique, a identifié les enjeux principaux et émis des recommandations sur les meilleures pratiques à adopter pour prévenir les risques. Allez lire le résumé de ce rapport (en anglais seulement) et découvrez comment les routes de navigation en Arctique peuvent interagir dans la répartition des espèces et leurs habitats dans notre carte interactive.  

Nous invitons le secteur privé à participer aux discussions menées sous les auspices de l’Organisation maritime internationale en vue de l’élaboration d’un code de navigation conçu spécialement pour la région polaire. Parallèlement, nous contribuons à ce que se poursuive le dialogue au sujet des pratiques exemplaires à mettre en place pour que les communautés nordiques puissent tirer avantage d’un développement de l’Arctique qui veillera à la protection de son environnement fragile. 

L’expert du WWF-Canada

 
	© Gayle McClelland / WWF-Canada
Andrew Dumbrille
Directeur des programmes Océans et Arctique
 
	© Paul Nicklen/National Geographic Stock / WWF-Canada
Male Narwhal (Monodon monoceros) gathering en masse to eat cod in the spring at the Arctic Bay floe edge in Lancaster Sound, Nunavut, Canada.
© Paul Nicklen/National Geographic Stock / WWF-Canada

Bateaux bruyants et narvals

Le narval communique au moyen de sons. La navigation, le forage, les activités sismiques, les sonars et la construction sont autant de sources de pollution sonore nuisant à sa capacité de trouver sa nourriture ou un partenaire, de se diriger, d’éviter les prédateurs et d’élever ses petits.

Pour en apprendre davantage sur le narval

Navigation et mammifères marins

 
	© (C)WWF
Les routes de navigation chevauchent les parcours naturels de divers mammifères marins

Carte des eaux arctiques

Pratiques exemplaires de navigation en Arctique

En 2012, le WWF-Canada et Fednav ont travaillé de concert à l’étude des meilleures pratiques à mettre en place pour assurer un trafic maritime sécuritaire et responsable en Arctique. Les recommandations issues de cette collaboration couvrent tous les aspects de cette activité, de la planification des routes afin de contourner des habitats fragiles à la réduction de la vitesse des navires afin de diminuer les émissions.

Pour consulter le rapport
 
	© Jim Leape / WWF
'National Geographic Endeavour' ship, entering an area of the pack ice, Svalbard, Norway, during the 'Arctic Expedition for Climate', July 2008.
© Jim Leape / WWF

Le Code polaire

L’Organisation maritime internationale travaille à l’élaboration d’un code de navigation qui régira le trafic maritime en Arctique. L’intérêt pour un trafic maritime accru en Arctique ne cesse de croître, et nombre des nouveaux acteurs sur ce terrain n’ont pas l’expérience ou les connaissances nécessaires pour faire les choses de manière sécuritaire. La mise en place d’un Code polaire exécutoire est donc indispensable pour assurer que le trafic maritime se fasse dans le respect des normes pertinentes en matière environnementale et de sécurité.

Un tel code, pour être efficace, doit être exécutoire, il doit couvrir tous les navires sillonnant les eaux de l’Arctique, et devra être mis à jour périodiquement. Il doit exiger des coques renforcées contre les glaces, imposer des mesures pour éviter de nuire aux écosystèmes et aux espèces de l’Arctique, exiger la présence sur les navires d’officiers de navigation dans les glaces qualifiés, et exiger que des mesures soient en place pour pouvoir participer à des opérations de recherche et de sauvetage, ainsi qu’à des opérations d’intervention en cas de déversement.