La banquise | WWF-Canada
 
	© Vicki Sahanatien

La banquise

Mère porteuse de la vie marine en Arctique

La banquise, cette surface blanche aux reflets bleutés s’étendant quasiment à perte de vue et réfléchissant ardemment la lumière du soleil, est indissociable des régions polaires auxquelles elle est également indispensable. La banquise formée d’eau de mer – on l’appelle également glace de mer – est un véritable organisme vivant qui fond, s’étend et se déplace, porteur de vie. Pour bien comprendre et assurer la conservation de l’Arctique et de toutes les espèces qui l’habitent, il faut commencer par connaître et comprendre la banquise, qui couvre grosso modo 25 millions de kilomètres carrés de la surface de la Terre, soit 2,5 fois la superficie du Canada.

La vie marine dans l’Arctique est impensable sans la banquise, qui est à la base d’un écosystème complexe composé d’une étonnante diversité d’espèces. La lumière qui filtre à travers la glace crée un habitat pour les microscopiques algues et les organismes unicellulaires formant le zooplancton dont se nourrissent les poissons tels que l’omble chevalier et la morue, et même la baleine boréale; poissons qui à leur tour nourriront les phoques – la principale proie des ours polaires – les bélugas et les narvals.  
 
 / ©: Kevin Schafer / WWF-Canon
Sea ice beneath midnight sun in June in the Bering Sea off St. Matthew Island Alaska, United States of America. © Kevin Schafer / WWF-Canon

Essentielle, la banquise? Oui!

Contrôle climatique 
La banquise contribue au maintien du climat non seulement des régions polaires, mais également de l’ensemble de la planète. Disons qu’elle joue en quelque sorte le rôle de climatiseur de l’air de la planète. La Terre a besoin de la blancheur de la glace et de la neige de l’Arctique pour réfléchir la chaleur du soleil dans l’atmosphère et créer l’effet de refroidissement nécessaire pour éviter la surchauffe. Lorsque la glace et la neige se mettent à fondre, la terre, les rochers et les eaux des océans – qui sont plus sombres – commencent à absorber la chaleur du soleil, ce qui contribue au réchauffement du globe. C’est ce qu’on appelle la rétroactivation, ou la rétroaction positive.

Source de vie
Les peuples autochtones ont besoin de la banquise pour se déplacer et chasser, de même que les phoques, morses, ours polaires, baleines et autres mammifères et oiseaux marins, qui la parcourent en quête de nourriture, s’y reposent et y élèvent leurs petits. La banquise est l’habitat essentiel de toute forme de vie polaire, depuis l’algue microscopique jusqu’à la gigantesque baleine boréale. Et la banquise a forgé l’évolution des espèces qui, au fil des millénaires, se sont adaptées à l’environnement arctique et dépendent des glaces pour survivre.
 
 / ©: Staffan Widstrand / WWF
Man on skidoo racing across the ice, Baffin Island, Nunavut, Canada, Arctic.
© Staffan Widstrand / WWF

Tout cela à cause du réchauffement climatique

La communauté scientifique s’intéresse de près à la banquise à mesure que l’Arctique se réchauffe. De fait, la banquise rétrécit – elle perd environ 4,6 % de sa superficie par décennie depuis 1972 – et l’été 2012 a marqué un nouveau, et triste, record de recul. La glace pluriannuelle (qui se maintient depuis au moins deux ans) est en train de disparaître, ce qui est très préoccupant, car elle constitue le seul habitat de glace à l’année et elle sera sans doute incapable de se reconstituer si l’Arctique continue de se réchauffer.

Impact sur les communautés nordiques
Les bouleversements que subit la banquise touchent les communautés autochtones, qui doivent adapter leurs stratégies de chasse et apprendre à se mouvoir sur des glaces plus minces et plus dangereuses. Les routes qu’elles utilisent depuis des générations deviennent peu à peu dangereuses, et les itinéraires traditionnels des espèces fauniques qu’elles chassent pour survivre deviennent de plus en plus imprévisibles.
 
 / ©: Lee NARRAWAY / WWF-Canada
Sea ice breaking up in Nares Strait, near Ellesmere Island, Nunavut, Canada. © Lee NARRAWAY / WWF-Canada
 
Impact sur la faune 
Les espèces fauniques perdent à la fois leur habitat et le cœur même de l’écosystème extrêmement complexe et équilibré qui les nourrit. On constate déjà l’impact du recul de la banquise sur l’habitat d’espèces fauniques dans le Moyen-Arctique. Ainsi, la perte de glace de mer pousse les ours polaires vers les villages et met à risque la vie des habitants et des ours eux-mêmes. On constate également que les morses ont de plus en plus de peine à se hisser sur une banquise fragilisée, et les caribous sont plus à risque de se noyer lorsqu’ils traversent, pour passer d’une île à une autre, des zones où la glace est de plus en plus mince.

Le recul des glaces ouvre par ailleurs la voie à de nouvelles espèces. L’épaulard, par exemple, que l’on n’observait que rarement en Arctique canadien, se voit maintenant de plus en plus souvent.
 
 / Steve Morello / WWF-Canon
Polar bear (Ursus maritimus) walking on ice floes. Spitsbergen, Svalbard, Norway. © Steve Morello / WWF-Canon
 
Impact on industrial development
The loss of sea ice creates more opportunity for development. This can include everything from increased shipping to oil and gas development. With these opportunities come potential new risks in the form of noise and spills or accidents. 

Pour en savoir plus sur l’action du WWF-Canada en matière d’appui aux pratiques recommandables de navigation

Où la banquise résistera-t-elle?

Les scientifiques créent des modélisations de l’évolution de la banquise au cours des prochaines années, afin de bien saisir comment elle réagira aux assauts du réchauffement climatique. Dans le cadre de son projet du Dernier refuge de glace, le Fonds mondial pour la nature a chargé des scientifiques de mener une recherche sur l’état de la banquise dans les îles de l’Arctique. Cette recherche nous aidera à prévoir ce qui se passera à l’échelle régionale, alors que la plupart des recherches s’intéressent au phénomène à une échelle plus globale, ou circumpolaire. Les résultats de cette recherche ont montré que le recul de la banquise varie à travers l’Arctique, mais les tendances dessinées à partir des connaissances traditionnelles et des modélisations scientifiques confirment la progression et l’accélération de ce recul. Les modélisations sont fondées sur les meilleures connaissances scientifiques disponibles pour déterminer où la banquise sera vraisemblablement la plus résiliente – dans le Dernier refuge de glace.
 
©: Andrew S. Wright / WWF-Canada
Remnants of sea ice in late summer, Resolute Bay, Nunavut, Canada
© Andrew S. Wright / WWF-Canada
 
	© Vicki Sahanatien
Ours polaire sur la banquise près de Hall Beach
© Vicki Sahanatien

Pas de banquise, pas d’ours

L’ours polaire a appris à vivre et survivre sur la surface glacée de l’océan. Au cours d’une année, il passe la plupart de son temps sur la banquise, où il chasse le phoque annelé – qui y élève ses petits et passe sa période de mue – et d'autres proies. Pendant l’été, il arrive qu’il se rende sur la terre ferme, où il survit sur ses réserves de graisse et attend le prochain embâcle pour retourner sur la banquise. Aujourd’hui, le recul des glaces force un nombre croissant d’ours polaires à passer de plus en plus de temps sur la terre ferme chaque année.

Pour en savoir davantage sur l’ours polaire
 
	© Andrew S. Wright  / WWF-Canada
Gulls perch on the last of the melting summer ice, at Pond Inlet, Nunavut, Canada
© Andrew S. Wright / WWF-Canada

Le Dernier refuge de glace

Les scientifiques s’intéressant à la fonte des glaces due au réchauffement climatique ont cerné, grâce à leurs modélisations, une région où ils prévoient que la banquise résistera plus longtemps qu’ailleurs. Ce Dernier refuge de glace – c’est le nom qu’on lui donne - sera l’habitat synonyme de survie des espèces dépendantes des glaces.

Pour en savoir plus sur le travail que fait le WWF-Canada pour planifier l’avenir.

Exploration

 
	© (C)WWF
Allez faire un tour au WWF ArkGIS.org, vous y verrez sur la carte comment la banquise, les habitats d’espèces fauniques, la navigation et d'autres activités humaines tissent ensemble la toile de l’Arctique.

www.arkgis.org

Types de glace de mer

Banquise estivale, ou saisonnière – il s’agit de la banquise dont la croissance ne dépasse pas une année et se forme à partir de la jeune glace. Ce type de glace doit être « recolonisé » par les algues et bactéries après chaque saison de fonte en été, et abrite donc un nombre restreint de types d’algues. Sa texture est caoutchouteuse et flexible en raison de sa teneur en sel.


© Vicki Sahanatien/WWF-Canada

Glace pluriannuelle, ou banquise pérenne – il s’agit de la glace qui a résisté à au moins une saison de fonte d’été. Elle contient des poches d’air et moins de saumure que la glace annuelle, et peut fournir de l’eau douce et potable. Elle constitue un habitat vital pour de nombreuses espèces qui vivent à l’année sur ou sous la glace. Sa texture est plutôt cassante.


© Vicki Sahanatien/WWF-Canada

Banquise côtière – également appelé glace fixe, il s’agit de glace soudée au rivage ou à un haut fond. Elle ne se déplace pas au gré des courants ou des vents, et elle est occupée par le phoque annelé.

Caractéristiques importantes de la glace
de mer

Étendue minimum – se dit de la glace de mer lorsqu’elle couvre la plus petite superficie en Arctique, ce qui se produit habituellement en septembre.

Étendue maximum – se dit de la glace de mer lorsqu’elle couvre la plus grande superficie en Arctique.

Polynies – zones d’eau libre à l’année entourées de glace, souvent formées par les vents, les marées, les courants et les remontées d’eau. Habitats importants pour la faune, ces zones servent de trous d’air et de lieux de recherche de nourriture. Plusieurs des colonies d’oiseaux marins les mieux connues au Canada sont à proximité de polynies, et de nombreux sites archéologiques sont situés dans les environs de polynies.

Floe, ou limite de dislocation – zone où s’arrête la banquise côtière et où commencent les eaux libres ou les glaces en mouvement. La limite de dislocation attire ours polaires et autres chasseurs, et les oiseaux marins en font volontiers leur habitat de prédilection. Ces zones sont souvent considérées comme extrêmement productives.


© Vicki Sahanatien/WWF-Canada