La collaboration, au cœur d’une intendance environnementale internationale | WWF-Canada

La collaboration, au cœur d’une intendance environnementale internationale

 
 
	© Arctic Council
En Arctique, l’environnement constitue un réseau d’éléments inextricables qui transcendent les frontières politiques artificielles. Les écosystèmes et les itinéraires migratoires se moquent des territoires nationaux qui constituent, sur le plan environnemental, une seule et même entité complexe, mais intégrée, et cela rend essentielle la collaboration entre les nations arctiques pour assurer une gestion et une gouvernance cohérentes. Cette nécessité de collaborer est d’autant plus importante que la région en est une de faible densité de la population et de ressources limitées. 

Le Conseil de l’Arctique

Les États arctiques ont créé en 1996 Conseil de l’Arctique (en anglais seulement) afin de se donner une plateforme de collaboration. Le Conseil de l’Arctique s’intéresse aux questions exigeant l’action collaborative des nations circumpolaires – intervention en cas de déversement pétrolier, analyse des impacts du réchauffement climatique et élaboration de principes communs pour une gouvernance responsable du continent arctique. Le Conseil constitue à ce titre le forum principal permettant de se pencher sur les problématiques et enjeux qu’une seule nation ne saurait régler à elle seule. Le Conseil compte également sur une participation active des peuples autochtones de l’Arctique, et leur réserve à cette fin le statut de participants permanents qui leur assure un rôle prépondérant.

Le Fonds mondial pour la nature est le seul ONG environnemental d’envergure internationale qui bénéficie du statut d’observateur au sein du Conseil de l’Arctique (en anglais seulement). Cette position lui permet de participer aux réunions du Conseil de l’Arctique, de proposer des projets, et de présenter des déclarations, documents et points de vue. Il s’agit là pour le WWF d’une formidable occasion de collaborer avec des décideurs et experts chargés de prendre des décisions dont dépendra l’avenir du continent arctique.


© WWF-Canada

Le développement des ressources,
l’affaire de tous

La perspective d’exploiter les ressources pétrolières et gazières de l’Arctique aiguise l’appétit de l’industrie, et le Conseil de l’Arctique devra trouver le moyen de gérer efficacement les risques associés à ce type de développement. On sait qu’en Arctique, tout accident survenant dans un état s’étendra rapidement aux autres états côtiers, et la gestion du risque est donc l’affaire de tous.

Le WWF a suggéré au Conseil de l’Arctique que soit mis sur pied un protocole rigoureux et cohérent de prévention des déversements de pétrole, de manière que les pratiques exemplaires disponibles soient appliquées uniformément.



© Arctic Council

Navigation responsable et sécuritaire en Arctique

La navigation en Arctique s’intensifie, et si cela crée de nouvelles occasions de développement cela entraîne également de nouveaux risques pour la région. L’Organisation maritime internationale (OMI) travaille actuellement à l’élaboration d’un code international de sécurité visant les navires fréquentant les eaux polaires et qui fixera les normes de sécurité et de responsabilité des activités de tout navire s’aventurant en Arctique. L’adoption de ce Code polaire par les États arctiques serait l’affirmation de leur volonté de collaboration dans un domaine de plus en plus conséquent, et qui ne pourrait être réglé en dehors d’une telle coopération internationale.

Le Conseil de l’Arctique a l’occasion de faire preuve de leadership et de bien cerner les pratiques exemplaires en matière de navigation, des pratiques dépassant les exigences du Code polaire, et d’encourager les entreprises à les adopter volontairement.


 / ©: Zoe Caron / WWF-Canada
A view from a ship's porthole of waves on Ungava Bay, Nunavut, Canada.
© Zoe Caron / WWF-Canada


Pour la pérennité des communautés circumpolaires

On le sait déjà, l’Arctique est en plein bouleversement – climatique, économique et démographique – et de nouveaux outils doivent être mis au point pour aider les communautés à s’adapter à une réalité nouvelle. Le Conseil de l’Arctique pourrait poursuivre, voire étendre, son travail actuel dans cette région en mettant au point des outils d’appréciation de la valeur des écoservices de la nature, afin d’en tenir compte dans l’élaboration et la mise en œuvre de stratégies d’adaptation et de pérennité du continent et de ses habitants.

L’expert du WWF-Canada

 
	© Paul Crowley
Paul Crowley
Vice-président, Arctique
 
	© DFATD-MAECD
© DFATD-MAECD

Canada : Présidence du Conseil de l’Arctique

En mai 2013, l’honorable Leona Aglukkaq, ministre du Conseil de l’Arctique, a été nommée présidente du Conseil de l’Arctique pendant la présidence canadienne du Conseil, d’une durée de deux ans. La priorité du Canada pendant ce mandat était le dévelopement au service des peuples du Nord, et a mis l’accent sur « l’exploitation responsable des ressources de l’Arctique, la navigation sécuritaire dans l’Arctique et le développement de communautés circumpolaires durables ».
 
	© Dan Slavik / WWF-Canada
Darnley Bay
© Dan Slavik / WWF-Canada

Collaboration transfrontalière en mer de Beaufort

Le Conseil de l’Arctique soutient les projets conjoints entre États arctiques, et le Canada et les États-Unis s’apprêtent justement à mener des actions en collaboration en mer de Beaufort. Cette région transfrontalière doit en effet être régie conjointement par le Canada et les États-Unis, afin qu’une stratégie fructueuse de gestion écosystémique puisse être mise en œuvre. Les bienfaits d’une saine collaboration entre les deux pays sont nombreux : processus décisionnel enrichi, planification plus effective de l’espace marin et, ultimement, un meilleur avenir pour la mer de Beaufort.

Pour en savoir plus sur la mer de Beaufort

Exploration

 
	© (C)WWF
La carte créée par le WWF-International et disponible au ArkGIS.org montre comment la région de l’Arctique est habitée et utilisée par les hommes et la faune. Une saine coopération internationale aidera l’Arctique à mieux gérer les impacts de l’activité humaine sur les espèces indigènes.

Tous ensemble pour combattre le carbone noir

Le WWF encourage le Conseil de l’Arctique à agir pour restreindre davantage les émissions de carbone noir (suie) – qui font déjà l’objet d’études par le Conseil. De telles mesures pourraient aider à contenir les effets du réchauffement climatique et à s’attaquer aux problèmes de santé constatés dans les collectivités.