Mer de Beaufort | WWF-Canada
 
	© Dan Slavik / WWF-Canada

Mer de Beaufort

L’écosystème de la mer de Beaufort, un trésor à respecter et à conserver

La mer de Beaufort, dans l’ouest de l’Arctique canadien, s’étend des côtes australes des Territoires-du-Nord-Ouest et du Yukon jusqu’à l’Alaska. Elle est habitée par une faune abondante et diversifiée – poissons tels que l’omble chevalier, oiseaux comme l’eider à tête grise, mammifères marins comme le béluga et la baleine boréale, et prédateurs tels que l’ours polaire. Depuis des milliers d’années et encore aujourd’hui, la mer de Beaufort assure la survie et nourrit la culture des peuples Inupiat, Inuvialuit et Gwich’in.

Cependant, l’avenir de cette région est menacé par le recul des glaces qui ouvre la voie au développement, et l’appétit des développeurs. Voilà pourquoi le WWF-Canada mène son action sur le terrain et avec les communautés locales, pour veiller à ce que la faune demeure abondante et en santé dans l’écosystème de la mer de Beaufort, et à ce que les habitats soient gérés de manière responsable pour en assurer la pérennité malgré les bouleversements rapides que subit l’Arctique.


 
En mer de Beaufort, l’écosystème traverse la frontière entre le Canada et l’Alaska. De même, plusieurs des principales espèces locales sont migratoires et parcourent d’immenses distances pour se rendre dans les mers bordières de Beaufort, des Tchouktches et de Béring, entre l’Alaska et la Russie. En 2012, le WWF-Canada a organisé une série d’ateliers réunissant des groupes des peuples Inupiat et Inuvialuit pour discuter d’un projet transfrontalier de gestion intégrée des océans en mer de Beaufort. Pour ces communautés voisines, la possibilité de discuter ensemble de leurs valeurs communes et de partager des connaissances séculaires ouvre la voie à une gestion collaborative qui aidera les populations et la nature à vivre en harmonie.

 

© Dan Slavik 

Recherche et savoir ancestral

En mer de Beaufort, les scientifiques et les Inuvialuit mettent en commun les fruits de la recherche et le savoir ancestral dans un esprit de collaboration fructueuse. Outre leur participation à l’élaboration d’une saine gestion du territoire, les habitants mettent à profit l’expérience séculaire et l’expertise locale au service de la surveillance de la faune et d’une connaissance accrue de ses besoins.

Par exemple, c’est avec l’aide de la communauté de Tuktoyaktuk et des pêcheurs locaux que le ministère des Pêches et Océans a pu dresser un portrait exhaustif de la santé des populations de bélugas. Le WWF-Canada travaille en collaboration avec d’autres communautés de la région pour soutenir des projets similaires sur le terrain menés de concert avec les collectivités.

Désireux de favoriser la mise en commun de la tradition et de la science, le WWF-Canada a participé à un atelier sur la santé des bélugas et le réchauffement climatique, réunissant les aînés et les jeunes de Egg Island, dans la baie Darnley. L’atelier a permis de démontrer aux jeunes l’importance du savoir ancestral transmis par les contes et les activités culturelles traditionnelles.


© Dan Slavik 

Le WWF-Canada a également apporté son appui à la mise sur pied d’une banque de données regroupant le savoir traditionnel des Inuvialuit, afin de rendre accessible le fruit d’études antérieures aux décideurs et aux membres de la communauté. Cette banque de données regroupe toute l’information colligée au fil de nombreuses années de recherche et pourra dorénavant servir de base à une saine planification et étayer les décisions à prendre en ce qui touche à la gestion future du territoire. De plus, afin de rendre son utilisation encore plus simple, le WWF-Canada contribue à la compilation et à la numérisation des données qui pourront servir aux logiciels de cartographie, un élément clé du processus de planification.

Agir en communauté

Les communautés Inuvialuit occupent activement le territoire, l’eau et la côte où elles prélèvent de la nourriture de subsistance. Dans certaines régions éloignées qui se trouvent souvent à proximité ou au sein même d’un habitat faunique, la gestion des déchets issus de ces activités représente tout un défi, car la logistique défie nombre de règles habituelles, sans parler des coûts.

Le programme « Campements propres, côtes propres » a été réalisé en collaboration par les associations de chasseurs et trappeurs de Paulatuk et Tuktoyaktuk pour prendre en main cette problématique, avec le soutien de partenaires tels qu’Environnement Canada, par exemple. Les associations locales de Paulatuk ont déclaré que la communauté est fière de sa tradition d’occupation du territoire et de son mode de subsistance, et voit dans ce programme un gage de la pérennité du territoire, de la faune et des habitats.

En 2013, le WWF-Canada a contribué à un grand nettoyage de quatre zones – deux camps et deux zones côtières – près de Paulatuk et Tuktoyaktuk. Travailleurs et bénévoles se sont mis à la tâche de faire l’inventaire des déchets et d’en identifier la source, et ont créé ensemble du matériel pédagogique sur la gestion sécuritaire des déchets.



© Dan Slavik 

Le Partenariat mer de Beaufort

Le WWF-Canada est membre du Partenariat mer de Beaufort, un regroupement qui vise à planifier un avenir qui assurera l’équilibre entre les besoins de la faune et des collectivités et les pressions croissantes en matière de développement des abondantes ressources naturelles de l’Arctique.

Le WWF-Canada apporte son soutien aux processus de planification et de préparation en menant un projet de modélisation de la trajectoire d’un déversement de pétrole qui permettra d’illustrer l’impact potentiel de divers scénarios de déversement pétrolier en mer de Beaufort. Les résultats de ce travail permettront de déterminer le parcours du pétrole déversé, son impact sur des habitats fragiles et les implications d’un trajet qui le mènerait au-delà de la frontière entre le Canada et l’Alaska pour se déverser dans les eaux territoriales étatsuniennes.
 
	© Monte HUMMEL / WWF-Canada
Sea ice and driftwood, Beaufort Sea, near Herschel Island, Yukon, Canada.
© Monte HUMMEL / WWF-Canada

Protecteurs de la terre et de la mer

Le peuple Inuvialuit a de tout temps veillé à préserver la terre, l’océan et la faune. En 1984, les Inuvialuit ont signé
la revendication de l’Arctique de l’Ouest, l’une des premières conventions signées dans le Nord canadien. Cette revendication leur a accordé certains droits et obligations relativement à la gestion de la faune, et à l’équilibre à trouver entre les besoins de la faune et des habitants et celui d’assurer le développement économique de la région. Les Inuvialuit ont déjà constitué plusieurs zones de conservation sur leur territoire traditionnel, suivant le principe séculaire voulant que la terre nourrisse ceux qui la protègent.
 
	© © naturepl.com / Steven Kazlowski / WWF
Polar bear (Ursus maritimus) swimming in the water in front of an iceberg, Beaufort Sea, Arctic Ocean, Alaska
© © naturepl.com / Steven Kazlowski / WWF

Ours polaires en mer de Beaufort

Le WWF-Canada contribue à une étude de la sous-population d’ours polaires de Viscount Melville, qui procurera de nouveaux renseignements sur la taille de la population, sa courbe démographique et son territoire – autant de données qui aideront à évaluer comme les ours polaires s’adaptent à l’évolution de la banquise dans la région.

Suivez avec nous les déplacements des ours dont nous suivons la piste.

Sur la piste de l’ours polaire
 
	© Paul Nicklen/National Geographic Stock / WWF-Canada
Two young Peary caribou (Rangifer tarandus pearyi), Ellesmere Island, Nunavut, Canada.
© Paul Nicklen/National Geographic Stock / WWF-Canada

Le caribou de Peary dans les îles du Haut-Arctique

Le WWF-Canada a participé au financement d’une étude du caribou de Peary dans l’archipel
Melville-Prince Patrick en Haut-Arctique. Le levé aérien effectué – le dénombrement de populations sauvages à partir d’avions volant à basse altitude – a permis d’établir de nouvelles estimations des populations de caribou de Peary, une espèce menacée au Canada, et de bœuf musqué.

Pour en savoir plus sur le caribou