Le requin | WWF-Canada
 
	© naturepl.com/Jeff Rotman/WWF

Requins

Protégeons les populations de requins au Canada

La plupart des requins sont vulnérables à la surexploitation, car ils ont un rythme de croissance lent, une maturation tardive, un taux de reproduction faible et une longue espérance de vie. À l’échelle mondiale, le requin et les espèces qui y sont apparentées comptent parmi les vertébrés marins les plus menacés de toutes les espèces sur Terre. Les plus menacés d’entre eux sont les requins vivant en haute mer, ou requins pélagiques, comme le grand requin blanc. Selon la liste rouge mondiale des espèces menacées dressées par l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN), environ 60 % des requins pélagiques sont actuellement en danger d’extinction. Comme plusieurs de ces espèces sont des prédateurs en bout de chaîne et très mobiles, leur perte pourrait avoir des conséquences d’une immense portée pour les écosystèmes marins.

On a répertorié 28 espèces de requins dans les eaux canadiennes, dont 14 vivent dans le Pacifique, et 20 en Atlantique et en Arctique. Près de la moitié de ces espèces sont considérées menacées à l’échelle de la planète. Néanmoins, près de la moitié de la population canadienne ignore la présence même de requins dans nos eaux. Or, les données recueillies indiquent que plusieurs populations de ces espèces ont diminué de manière drastique.
 
©National Geographic Stock/Paul Sutherland/WWF
 
	© ShARCC
© ShARCC
Le projet ShARCC, une initiative conjointe de WWF-Canada et de l’université Dalhousie, vise la promotion de la conservation des requins dans la région Atlantique, au moyen de recherches, d’interventions directes, de modifications et d’améliorations à la gestion de l’eau, en vue d’assurer la protection et, ultimement, le rétablissement de ces espèces.

www.atlanticsharks.org
 
	© Steven Campana
© Steven Campana
Guide d’identification des requins, raies et pocheteaux, et chimères du Canada atlantique

Quelles sont les principales menaces pour les requins dans les eaux canadiennes?

Au Canada, ce sont les pratiques de pêche non responsables, et particulièrement la capture involontaire de requins par les pêcheries à la recherche de thon, d’espadon ou de poissons de fonds, qui ont disséminé les populations de requins.

La prise accessoire
La prise accessoire, ou la capture involontaire d’espèces non ciblées par les pêcheries commerciales, constitue sans doute la plus grave menace pour les requins en eaux canadiennes. L’on en sait encore peu sur la distribution des requins dans les eaux canadiennes, et sur les moyens de minimiser l’incidence des prises accessoires et la mortalité au sein de la grande population des requins. Pour en savoir plus sur les prises accessoires.

La demande d’ailerons de requin
Il est illégal au Canada de ne pêcher le requin que pour ses ailerons – les pêcheurs coupent et conservent les ailerons et rejettent à l’eau les poissons blessés – ce qui n’empêche malheureusement pas le Canada de compter parmi les pays importateurs de produits du requin pêchés de manière non responsable, y compris les ailerons. À l’échelle de la planète, le commerce croissant des ailerons de requins est devenu la principale menace pour plusieurs espèces de requins. À l’heure actuelle, le commerce des ailerons de requins est le principal moteur de l’exploitation des requins.

Un environnement marin perturbé
Les pratiques de pêches destructrices, les déchets déversés en mer et l’aménagement des littoraux ont tous de sérieux impacts sur les habitats marins dont dépend la survie des requins. Les changements climatiques et leur incidence sur l’écosystème marin entraînent également des transformations de l’environnement qui menacent les requins, notamment en ce qui touche à la distribution des populations et aux habitats des requins, ainsi que de leurs proies.

 
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A Thresher shark is fatally caught in a fishing net.
© Brian J. Skerry / National Geographic Stock / WWF
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Atlantic Shark Forum
© Bettina Saier

Que fait le WWF pour les requins au Canada?

WWF-Canada travaille avec des partenaires pour s’attaquer aux priorités en matière de conservation des requins au Canada. En mars 2011, le WWF-Canada a tenu le premier forum sur le requin en Atlantique à Halifax, en Nouvelle-Écosse. Cet atelier a permis de poser la première pierre d’un processus de collaboration réunissant pêcheurs, scientifiques, gestionnaires et intervenants directs auprès des requins ou engagés en conservation et en gestion des populations de requins dans la région de l’Atlantique. La rencontre a servi à fixer les quatre grandes priorités qui permettront – si les interventions sont fructueuses – à faire progresser sensiblement la protection et la gestion des populations de requins, et devrait inspirer la collaboration de divers groupes de pression. Consultez le rapport final sur le forum (en anglais seulement). Par ailleurs, la côte Ouest accueillera un forum semblable pour se pencher sur la problématique des populations de requins dans le Pacifique canadien.

Le WWF-Canada, en collaboration avec le Worm Lab de l’université Dalhousie de Halifax, a créé un site Web interactif appelé Sharks of the Atlantic Research and Conservation Coalition (ShARCC) pour faciliter l’échange d’information et la promotion de la conservation des requins dans l’Atlantique canadien. Allez faire un tour sur le site de ShARCC (français en construction) pour en savoir plus sur les requins des océans Atlantique et Arctique.

Le travail du WWF-Canada en matière de conservation des espèces de requins en Atlantique canadien est soutenu par le Programme d’intendance de l’habitat pour les espèces en péril du gouvernement du Canada, le Groupe CSL inc. et la Fédération canadienne de la faune.

Le WWF mène également plusieurs projets entourant les requins, notamment :
  • Sollicitation de l’industrie canadienne des pêches pour la création d’un partenariat afin de colliger les connaissances en matière d’interaction des flottes avec les élasmobranches (requin, pocheteau et raie)
  • Soutien à la recherche universitaire visant à circonscrire les endroits où la prise accessoire de requins est plus intensive
  • Collaboration avec l’industrie des pêches et le milieu universitaire pour réaliser un projet pilote sur les mesures d’atténuation applicables au travail de conservation de certaines espèces de requins
  • Participation à des organismes et processus consultatifs contribuant à la gestion des requins et autres espèces marines
  • Participation au processus de certification par le Marine Stewardship Council de la pêche à la palangre de l’espadon en Atlantique canadien