Énergies marines renouvelables | WWF-Canada
 
	© Sarah Saunders / WWF-Canada

Énergies marines renouvelables

La puissance des marées
Les changements climatiques affectent les océans par le réchauffement des températures et l’acidification des eaux partout sur la planète. Le réchauffement des températures provoque déjà le déplacement d’espèces marines aux pôles Nord et Sud, et détruit celles qui, comme les coraux, ne peuvent pas se bouger. Les eaux plus chaudes et la fonte de la banquise augmentent le niveau de la mer et provoquent des tempêtes plus intenses et fréquentes, qui modifient les littoraux et causent des dommages aux infrastructures. Ces changements affectent les espèces marines et toutes celles pour qui l’océan constitue leur refuge. Dans certains cas, ce sont des nations entières qui sont menacées.
 
Effectuer une transition massive et immédiate vers les énergies renouvelables représente la seule avancée importante que nous pouvons faire pour freiner les changements climatiques et ses impacts, et ainsi préserver notre riche écosystème marin. Le WWF-Canada s’est engagé à ce que le Canada utilise 100 % d’énergies renouvelables d’ici 2050.
 
Pour ce faire, les sources d’énergies renouvelables respectueuses des habitats doivent être développées. Le Canada détient le plus long littoral au monde et quelques-unes des plus hautes marées, donnant ainsi un rôle important aux énergies renouvelables respectueuses des habitats marins.
 

Potentiel inexploité

Qu’est-ce que l’énergie marémotrice et comment fonctionne-t-elle?
 
Les marées, actionnées par la gravité de la lune et du soleil, fluctuent de façon prévisible. Produire de l’énergie à partir des marées rend l’énergie marémotrice fiable et renouvelable.
La puissance des marées est similaire à celle du vent. Dans ce cas-ci, l’eau fait bouger la turbine au lieu du vent. L’énergie provenant des marées peut être captée de deux façons : à partir de la vitesse des courants des marées et de l’amplitude des marées. Puisque le WWF-Canada soutient les projets d’énergies renouvelables respectueux des habitats qui ont un impact minimal sur l’environnement (rapport en anglais seulement), et que les projets de courant des marées et d’amplitude des marées utilisent des types de technologies vraiment différents et ont des effets largement distincts sur l’environnement, il importe de distinguer les deux types de projets.
 
Courant ou amplitude : différences de production d’énergie
L’industrie de l’énergie marémotrice produite par le courant en est à ses premiers balbutiements, la technologie étant testée pour évaluer si l’électricité peut être produite de façon sécuritaire et efficace. Jusqu’à maintenant, ce type d’énergie démontre un très faible impact sur l’environnement. Cependant, seulement de simples turbines ont été évaluées. Ce type de technologie utilise des turbines montées sur une structure autoportante qui peuvent être retirées sans laisser de traces.    
 
En ce qui concerne les projets d’énergie produite avec l’amplitude des marées, semblables aux barrages, ils doivent utiliser un mur pour bloquer l’eau qui produira l’électricité. Ils peuvent bloquer le mouvement des bateaux et des espèces migratrices.
Le WWF-Canada ne soutient pas ce type de projets en raison de leurs impacts potentiels à long terme et à grande échelle sur l’environnement.  
 

Un appui prudent

  
Nous devons faire preuve de prudence avec le développement de l’énergie marémotrice produite avec l’amplitude des marées, afin de nous assurer qu’elle ne soit pas néfaste pour les espèces ou les habitats, particulièrement lorsqu’elle passe à l'étape de la commercialisation. L’implication du WWF-Canada dans les premières étapes de certains projets a déjà contribué à réduire les effets néfastes de ce type d’énergie. Par exemple, en s’assurant que les considérations environnementales soient ajoutées à la Nova Scotia’s Marine Renewable Energy Act avant le lancement du Fundy Ocean Research Center for Energy.
 
Considérant l’excellent potentiel en énergies renouvelables à travers le pays, le WWF-Canada recommande que les technologies utilisant l’énergie marémotrice produite avec l’amplitude des marées soient testées et éventuellement déployées à la fois à petite et grande échelle, mais en comprenant bien que tous les impacts sur l’intégrité des écosystèmes marins et la biodiversité seront à court terme, réversibles et atténués efficacement à l’aide de localisations, de conceptions et de constructions appropriées des turbines et avec des programmes de suivi environnemental rigoureux, ainsi que des plans de gestion adaptés aux milieux.
 
Nous soutenons le développement d’un cadre réglementaire clair afin de nous assurer que rien ne soit négligé dans le processus d’approbation. Le développement de ce secteur devrait se faire de manière progressive et selon l’approche de précaution, pécher par excès de prudence afin de prévenir les effets néfastes sur les espèces et leurs habitats. 
 

Pleins feux sur la baie de Fundy

La baie de Fundy, située entre le Nouveau-Brunswick et la Nouvelle-Écosse, possède des marées parmi les plus élevées au monde. La quantité d’eau qui entre et sort de la baie à chaque cycle de marées est supérieure à celle de tous les cours d’eau douce du monde réunis. Cette région riche sur le plan écologique est le refuge d’une grande diversité d’espèces, comprenant 22 espèces de mammifères marins, plus de 130 espèces d’oiseaux de mer et côtiers, ainsi qu’une grande variété de poissons et d’invertébrés. Elle procure aussi un habitat pour les herbiers de zostères, les récifs de la moule géante et certaines des zones les plus riches en homards au monde. Les conditions océanographiques rendent cette région riche en nutriments, procurant de la nourriture à un large éventail d’espèces, dont la baleine noire de l’Atlantique Nord, gravement menacée.
 
La baie de Fundy est également extrêmement importante pour les communautés qui vivent à proximité. Les Premières Nations Mi’kmaq et Maliseet vivent sur ce territoire depuis plusieurs siècles. Depuis quelques années, les communautés côtières connaissent un essor alors que de plus en plus de gens viennent s’y installer. Les activités qui y sont pratiquées incluent la pêche, l’aquaculture, l’écotourisme, le transport maritime, les loisirs et autres activités. Parallèlement, la baie est essentielle pour ceux qui y vivent et y travaillent. 
 
De nouvelles activités, comme l’exploitation de l’énergie marémotrice, peuvent entrer en conflit non seulement avec la nature, mais aussi avec les utilisations actuelles du territoire. L’océan occupe une place toute particulière pour ceux qui vivent sur la côte et qui dépendent des ressources océaniques pour survivre. Ceux qui développent l’énergie marémotrice doivent être conscients de cette connexion et minimiser les impacts sur les autres utilisateurs de la ressource.
 

Mise à l’épreuve

Le WWF-Canada a mis sur pied un outil d’aide à la prise de décisions pour les énergies renouvelables respectueuses des habitats, en commençant par les régions du Nouveau-Brunswick et la baie de Fundy avoisinante. Il s’agit d’une cartographie des réserves d’énergies renouvelables qui révèle le potentiel en ressource pour chaque type d’énergie à l’échelle régionale. Elle a été faite en consultant les organisations pertinentes pour ce projet, dont le gouvernement, les institutions académiques, les Premières Nations, les industries et les groupes communautaires. Elle se fonde sur une compilation exhaustive des meilleures données et connaissances scientifiques sur les utilisations en biodiversité et conservation, selon l’approche des Hautes valeurs de conservation, et convertissent les données en cartes qui illustrent où sont les endroits où un fort potentiel en énergies renouvelables existe (en anglais seulement) et où la possibilité de conflits avec la nature et les communautés est faible.
 

Rapports sur les énergies marines renouvelables