Des groupes environnementaux poursuivent des ministres canadiens afin de protéger les orques en péril | WWF-Canada

Des groupes environnementaux poursuivent des ministres canadiens afin de protéger les orques en péril

Posted on 06 September 2018
Rachel Merrett - Georgia Strait Alliance
© RachaelMerrett - Georgia Strait Alliance
VANCOUVER – Pas moins de six groupes environnementaux lancent une nouvelle poursuite visant à protéger l’espèce menacée des épaulards résidents du Sud.

Cette poursuite survient moins d’un mois après qu’une mère épaulard ait transporté son bébé décédé pendant 17 jours, durée sans précédent ayant attiré l’attention du monde entier sur les dangers imminents qui menacent les populations de baleines génétiquement uniques.

Dans une requête introduite plus tôt aujourd’hui au nom de la Fondation David Suzuki, de la Georgia Strait Alliance, du Natural Resources Defense Council, de la Raincoast Conservation Foundation et du Fonds mondial pour la nature WWF-Canada, les avocats d’Ecojustice demandent à la Cour fédérale d’examiner les raisons derrière l’inaptitude du ministre des Pêches et des Océans et de la ministre de l’Environnement et du Changement climatique à émettre un décret d’urgence visant la protection des épaulards résidents du Sud, prévu par la Loi sur les espèces en péril.

« Durant son deuil sans précédent de 17 jours, J-35, épaulard aussi connu sous le nom de Tahlequah, nous a montré les conséquences dévastatrices de l’inaction en cette matière. Son bébé n’a survécu qu’une demi-heure, ce qui fait suite à trois années de naissances infructueuses au sein de la population, a indiqué Dyna Tuytel, avocate d’Ecojustice. Compte tenu de l’incapacité des ministres Wilkinson et McKenna à décréter des mesures de protection d’urgence dans des délais opportuns, il ne nous reste peu d’alternatives sinon celle de nous tourner vers les tribunaux. »

Les ministres ont reconnu, le 24 mai dernier, que les résidents du Sud font face à des « menaces imminentes » quant à leur survie et à leur rétablissement. Suite à cette admission, les ministres détenaient l’obligation légale de demander au Cabinet d’émettre un décret d’urgence prévu par la Loi sur les espèces en péril, sauf s’il existait déjà des mesures légales en place.

Un décret d’urgence est l’outil le plus efficace dont dispose le gouvernement pour limiter les formalités administratives et réagir rapidement à la menace imminente qui pèse sur les résidents du Sud.

Les groupes environnementaux ont d’abord demandé aux ministres d’émettre un décret via une requête déposée en janvier 2018. Depuis, ils n’ont cessé de faire pression pour l’instauration de mesures de protection d’urgence, ou de mesures obligatoires équivalentes.

Les groupes environnementaux dont il est question affirment aujourd’hui que les résidents du Sud ne peuvent plus se permettre d’attendre.

« Les décrets d’urgence sont conçus spécialement pour des circonstances comme celles-ci, lorsqu’il y a une espèce qui, afin de survivre et de se rétablir, a besoin de plus que des plans et demi-mesures reportés à plus tard, affirme Christianne Wilhelmson, directrice exécutive de la Georgia Strait Alliance. La garantie d’un décret est vitale pour les résidents du Sud et leur habitat, aussi le lieu de vie d’environ 3000 espèces marines. »

« Ces orques ne trouvent plus assez de leurs proies de prédilection, soit le saumon quinnat, une espèce également en déclin. Le bruit et les perturbations physiques émanant des navires interfèrent avec les aptitudes de chasse des baleines. Les résidents du Sud sont encore guettés par la malnutrition, à moins que d’agir immédiatement pour rétablir la population de saumon quinnat, et de nous attaquer aux dangers imminents sans plus tarder », soutient Jay Ritchlin, directeur général de l’Ouest canadien à la Fondation David Suzuki.

« La Loi sur les espèces en péril confère, au gouvernement canadien, le vaste pouvoir de protéger les espèces menacées par des dangers imminents quant à leur survie et à leur rétablissement. Il est scandaleux que les ministres Wilkinson et McKenna n’aient pas demandé l’émission d’un décret d’urgence afin de protéger les épaulards résidents du Sud, ajoute Michael Jasny, directeur responsable de la protection des mammifères marins au Natural Resources Defense Council. Il est difficile d’imaginer une espèce qui en ait besoin de manière plus pressante. »

Formant une population d’orques distincte sur les plans génétique, comportemental et culturel, les épaulards résidents du Sud se nourrissent principalement de saumon quinnat et kéta. Il ne reste que 75 membres de cette population et aucune naissance fructueuse n’a été enregistrée depuis 2015. En l’absence de garanties de protection, la probabilité que les résidents du Sud s’éteignent est élevée puisqu’ils sont isolés génétiquement et socialement, puisque leur population est faible et parce que leur habitat critique de la mer des Salish, duquel dépend leur survie, s’est détériorée.

« Notre recherche démontre que le rétablissement de la population des épaulards résidents du Sud requiert des restrictions d’envergure dans le domaine de la pêche, au-delà des mesures partielles introduites par le gouvernement cet été, de même que des mesures destinées à réduire le bruit et les perturbations émanant des navires. Avec une population faisant face à des dangers imminents quant à sa simple survie, nous ne pouvons courir le risque de reporter les gestes concrets à encore plus tard, » avance Chris Genovali, directeur exécutif de la Raincoast Conservation Foundation.

« Le gouvernement reconnaît, de son propre aveu, que cette population d’orques fait face à une menace imminente quant à sa survie. Pourtant, il n’a entrepris aucune des actions qui s’imposent afin de garantir le rétablissement de cette population de baleines, en s’attaquant adéquatement aux enjeux tels que la disponibilité du saumon ainsi qu’en limitant toutes les sources de perturbation dans les aires d’alimentation des orques. Ce n’est pas optionnel : c’est une obligation légale prévue par la Loi sur les espèces en péril, » affirme Megan Leslie, présidente et PDG du WWF-Canada.

Ecojustice est l’organisme de bienfaisance environnemental le plus important au Canada. Il va en justice pour défendre la nature, lutter contre les changements climatiques et se battre pour un environnement sain, au bénéfice de tous.

Le Natural Resources Defense Council (NRDC) est un organisme environnemental international à but non lucratif qui compte plus de trois millions de membres et cyber-activistes. Depuis 1970, nos avocats, nos scientifiques et nos spécialistes environnementaux de tout ordre travaillent à protéger les ressources naturelles de la planète, la santé publique et l’environnement.

Le WWF propose des solutions aux grands défis de conservation qui nous tiennent tous à cœur. Nous menons des projets dans des lieux uniques et de grande valeur environnementale afin que la nature, les espèces et les communautés puissent cohabiter en toute harmonie. wwf.ca/fr

 

Relations médias

Jay Ritchlin, Directeur général, Ouest canadien | Fondation David Suzuki
jritchlin@davidsuzuki.org, 604-961-6840

Dyna Tuytel, Avocate | Ecojustice
Veuillez communiquer avec Emily Chan à echan@ecojustice.ca ou au 1-800-926-7744, poste 240.

Christianne Wilhelmson, Directrice exécutive | Georgia Strait Alliance
christianne@georgistrait.org, 604-862-7579

Michael Jasny, Directeur, Protection des mammifères marins | Natural Resources Defense Council
Contactez Kari Birdseye à kbirdseye@nrdc.org ou au 415-875-8243

Misty MacDuffee, biologiste et directrice du programme sur le saumon sauvage, | Raincoast
Conservation Foundation
misty@raincoast.org, 1-250-818-2136

Megan Leslie, Présidente et PDG | WWF-Canada
Communiquez avec Catharine Tunnacliffe à ctunnacliffe@wwfcanada.org ou au 1-647-624-5279
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