Un nouveau partenariat de plusieurs millions révolutionnera la surveillance de l’eau douce | WWF-Canada

Un nouveau partenariat de plusieurs millions révolutionnera la surveillance de l’eau douce

Posted on 04 February 2019
Les bénévoles Eliza Ali, Brennan Doherty, Jason Pearman et Amy Ede récupèrent des échantillons à l'aide de filets, aux rapides Remic.
© Rebecca Spring
GUELPH, 4 février 2019 – Le pouvoir qu’offrent les technologies liées à l’ADN environnemental sera bientôt à la portée de groupes communautaires issus de tout le pays. Cela devrait permettre une production plus rapide de données plus précises concernant la santé de l’eau douce du Canada et ce, grâce à un nouveau partenariat de 2,6 millions de dollars entre le Fonds mondial pour la nature (WWF-Canada), Environnement et Changement climatique Canada, Living Lakes Canada, Génome Canada ainsi que Mehrdad Hajibabaei, PhD, professeur associé à l’université de Guelph.
    
Le metabarcoding moléculaire (ou méta-codage à barres moléculaire) de l’ADN environnemental (ADNe) combine l’identification par ADN et le séquençage automatisé de cet ADN afin de générer des données sur la biodiversité des macroinvertébrés benthiques d’eau douce, ces petits animaux vivant au fond des rivières et des ruisseaux. Les changements observés au profil génétique de ces invertébrés peuvent servir d’indicateurs de la qualité de l’eau, notamment de la pollution et d’autres facteurs de stress environnementaux.
  
Si on les compare aux méthodes de surveillance actuelles, qui peuvent être à la fois lentes et coûteuses, les technologies de l’ADNe ont le potentiel de générer des données plus précises sur la biodiversité et ce, plus rapidement et à moindre coût. Ces données résultant de la biosurveillance fondée sur l’étude de l’ADN permettront une meilleure évaluation, planification et prise de décisions dans les domaines de l’environnement et de la législation qui s’y applique. Cela s’avère essentiel dans le contexte actuel, marqué par une pression grandissante sur les écosystèmes d’eau douce du Canada, en raison de facteurs tels que l’augmentation de la population, les activités agricoles, les changements climatiques et les développements liés à l’exploitation des ressources.

Bien que plusieurs groupes communautaires aient déjà recours à la biosurveillance afin de comprendre et gérer les impacts de projets d’exploitation des ressources (mines, barrages hydroélectriques, entreprises du domaine énergétique, etc.), l’accès à des techniques fondées sur l’évaluation du génome dans l’étude de la santé des bassins versants accroîtra la portée et l’impact des programmes de surveillance communautaire actuels, ce qui débouchera sur des données plus rapides et plus précises permettant la prise de décisions éclairées. 
 
Désigné par l’acronyme anglais STREAM DNA (Sequencing the River for Environmental Assessment and Monitoring), lequel peut se traduire par « l’ADN du courant »), ce projet est financé par Génome Canada, le WWF-Canada ainsi qu’Environnement et Changement climatique Canada.
  
Citations :
 
Elizabeth Hendriks, vice-présidente de la conservation de l’eau douce au WWF-Canada :
« Notre Rapport sur les bassins versants démontre qu’il existe un manque criant de données sur la santé de l’eau douce, malgré les efforts colossaux déployés par de nombreux.ses groupes, employé.e.s et bénévoles du domaine communautaire en vue de préserver cette ressource publique vitale. Un tel engagement plonge la surveillance communautaire au cœur du 21e siècle. Compte tenu des pressions croissantes qu’exercent les changements climatiques et les effets cumulatifs de diverses activités humaines, sans parler des projets majeurs de développement industriel qui s’annoncent, le moment ne pourrait être mieux choisi. »
 
Kat Hartwig, directrice exécutive de Living Lakes Canada :
« Nous sommes emballé.e.s à l’idée de tester, sur le terrain, cette nouvelle technologie fondée sur l’étude de l’ADN, en collaboration avec les groupes communautaires qui ont le plus à gagner d’une meilleure compréhension de la santé des cours d’eau, via les techniques de séquençage. Une telle technologie changera la donne. Elle est certainement bienvenue dans le contexte actuel, marqué par l’urgente nécessité de comprendre la santé de nos cours d’eau, où que nous vivions au Canada. » 
 
Mehrdad Hajibabaei, professeur associé et chargé de projet académique à l’Université de Guelph :
« Ce projet est un tremplin qui servira à l’application du metabarcoding de l’ADN environnemental pour l’évaluation à grande échelle de la santé des bassins versants. Depuis plus d’une décennie, notre laboratoire est à l’avant-garde en matière d’utilisation de ces technologies de pointe fondées sur l’ADN lors de l’analyse de la biodiversité. Nous sommes ravi.e.s de joindre nos forces à celles du WWF-Canada, de Living Lakes Canada, d’Environnement et Changement climatique Canada, ainsi que des divers.es intervenant.e.s et citoyen.ne.s scientifiques, dans l’utilisation de cette approche visant à protéger nos précieux bassins versants ».
    
À propos du WWF-Canada
Le WWF propose des solutions aux grands défis de conservation qui nous tiennent tou.te.s à cœur. Nous menons des projets dans des lieux uniques et de grande valeur environnementale, afin que la nature, les espèces et les communautés puissent cohabiter en toute harmonie. Pour des renseignements supplémentaires, visitez le wwf.ca/fr
 
À propos de Living Lakes Canada
« Living Lakes Canada fait le pont entre la science et le travail de terrain, afin d’encourager la gérance citoyenne de l’eau. Notre mandat est d’aider les citoyen.ne.s à comprendre les liens intimes qui unissent la qualité de l’eau, le volume de l’eau, l’aménagement du territoire, les changements climatiques, la biodiversité et de saines communautés, le tout en élaborant une éthique de gérance dont tou.te.s pourront être fier.ère.s. »
 
À propos dEnvironnement et Changement climatique Canada
Environnement et Changement climatique Canada a un mandat de recherche, de surveillance et d’application des lois en matière d’eau douce au Canada. Ce département chapeaute le Réseau canadien de surveillance aquatique, un programme multipartite consacré à l’étude quantitative de la santé des écosystèmes d’eau douce et ce, en ayant recours à des méthodes standard, à des bases de données ainsi qu’à la formation.
 
Pour rejoindre le WWF-Canada
Laurence Cayer-Desrosiers, Spécialiste, communications et événements
lcdesrosiers@wwfcanada.org, 514-703-2409
Les bénévoles Eliza Ali, Brennan Doherty, Jason Pearman et Amy Ede récupèrent des échantillons à l'aide de filets, aux rapides Remic.
© Rebecca Spring Enlarge